s femmes se contentaient de tresser leurs cheveux dans des coiffures
complexes. Etait-ce pour obtenir les faveurs du chef de clan ? On ne
nous a pas laissé de témoignage précis sur le sujet…
Les égyptiens ont inventé des produits à base d’huiles et d’herbes aromatiques pour protéger leur peau de la déshydratation et du soleil.
C’est ensuite qu’ils ont commencé à maquiller leurs visages mais aussi leurs corps.
Le maquillage était d’abord
utilisé par les prêtres qui appliquaient des préparations à base d’ocre
jaune pour paraître ‘dorés’. La femme égyptienne, elle, appliquait du
khôl noir pour tracer un cercle autour de ses yeux. Cette substance
protégeait des agressions du vent et du sable. Un collyre était déposé
sur les cils et les sourcils. Des plantes médicinales, des extraits
minéraux (turquoise) et des métaux (oxydes de cuivre ou de fer) étaient
broyés pour obtenir différentes nuances allant du bleu au vert en
passant par le rouge, le violet… Elle mettait du rouge sur ses joues,
du blanc pour cacher son bronzage, du bleu pour suivre le tracé de ses
veines et aussi du henné rouge sur la paume de ses mains dont les
ongles étaient polis. On écrit les premiers ouvrages sur l’art de se
farder.
En Grèce,
le maquillage fut d’abord interdit et réservé aux courtisanes. On
cherchait l’harmonie du corps et l’accent fut mis sur l’hygiène avec
les bains parfumés. On se lavait les dents et les cheveux.
Puis, des fards ont fait
leur apparition. Malgré les réserves émises par Galien, on utilisait du
blanc de plomb (céruse) pour montrer une peau claire.On mettait aussi du rouge
sur les joues, de la terre rouge pour les lèvres, du safran et des
pétales de rose broyés sur les paupières, les couleurs du soleil ! Le
naturel et la discrétion étaient de mise ! On appliquait de la suie sur
les cils. Les sourcils devaient former un demi cercle unique et étaient
donc reliés par un trait.
Cette mode continua à Rome.
Puis, les femmes employèrent des aiguilles qu’elles trempaient dans du
fard noir pour maquiller leurs paupières. Les produits commençaient à
se mélanger avec des substances telles que les escargots séchés ou les
excréments de crocodile (à appliquer sur le visage, bien entendu !). La
mise en beauté des femmes était quotidienne : toilette soigneuse,
coiffure, maquillage…
On parle de teint clair voire blanc dans toutes ces civilisations et le Moyen Age
continua d’appliquer ce critère de beauté. Le maquillage est l’œuvre du
diable et de toute façon, les chevaliers préfèrent les belles
chevelures, qui doivent être blondes ! Les nobles n’ont pas hésité à
enduire leur cheveux d’onguents préparés à base de cendre de hérisson,
de sang de chauve-souris, d’arsenic, de chaux vive (attention aux
dosages !), de décoctions de lézards verts… L’imagination des sorcières
au service des canons de beauté de l’époque !
A la Renaissance,
fronts épilés, chevelures blondes, incrustées de pierre et de perles,
firent fureur ! Les méthodes pour embellir les cheveux d’un blond dit
‘vénitien’ avaient évolué. On mélangeait du safran et du citron et on
exposant le haut de sa tête (au moyen d’un chapeau sans calotte) au
soleil. Le reste du corps restait caché sous des voiles pour ne pas
hâler son teint. On continuait d’utiliser les mêmes produits toxiques
qu’au Moyen Age et bien des peaux ne résistaient pas à leur rognure…On rougissait ses lèvres et, touche suprême, le bout des seins !
Puis, ce fut de nouveau le règne de la pudeur et de l’austérité, la coquetterie étant l’affaire du diable !
Le XVIIème,
siècle de toutes les grandeurs, fut abstinent en matière d’hygiène
(seulement !). Pour cacher les dégâts de la crasse et ceux des odeurs
générées du même coup, les fards s’imposèrent ! Qui aurait osé se
présenter à la Cour sans fards ni parfums ? Le maquillage et les
coiffures extravagantes étaient les signes de reconnaissance du rang et
de la richesse du personnage!
Les empilements malheureux
des couches de maquillage donnaient la plupart du temps un résultat
assez repoussant. On n’avait pas encore abandonné la céruse de plomb
toujours aussi dangereuse pour la santé …
Au XVIIIème
siècle, on se maquillait même pour dormir ! C’était la folie du rouge.
On songeât même instaurer un nouvel impôt! La fin de ce siècle-là
marquait pourtant le retour du naturel.
Le XIXème siècle continua sur
cette lancée et pour garder un teint clair, les femmes ne mettaient
plus de rouge. La céruse de plomb est enfin remplacée par la poudre de
riz parfumée ! Le maquillage vif était devenu la parure des actrices ou
des prostituées. Les Romantiques montrent leur beauté ténébreuse et
mélancolique sous des fards au safran et avec une touche d’encre bleue
pour des cernes de désespoir.Il faudra attendre le début des années folles puis les congés payés pour que les femmes laissent le soleil
leur donner ‘bonne mine’. Mais de nos jours encore, on cherche à garder
le teint ‘clair’ signe de bonne santé et de respect de sa peau.
Heureusement, les cosmétiques tendent à ‘soigner’ nos imperfections
plutôt qu’à tenter de nous empoisonner doucement, même si nous
acceptons encore de souffrir pour être belles, il y a des limites !